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ab imo pectoreDecember 19 du retour de la grassouilletteHey toi, Crois-le ou non, Tu m'as vachement manqué. Un petit détour par mes statistiques pour constater que, l'autre pervers fan de grassouillette poilue mis à part (oui, "il" est revenu!), personne ne me fait l'honneur de ses visites. Tu me connais, pas du genre à me décourager pour si peu, et puis cet endroit, c'est avant tout pour moi que je l'ai créé. Cela dit, ma pauvre prose en serait presque vexée. Pas un chat à l'horizon! Pas un chalant perdu, et le seul lecteur assidu qui autrefois me rendait visite est amoureux! D'une autre, de surcroît!! Ah, que d'ingratitude, mon très cher Monsieur B! L'hiver arrivant -et que ce soit dit, l'hiver n'est pas du tout ma saison-, avec lui réssuscitent de vieux défauts de télévore pas encore repentie. Oui, je regarde la starac, bon, on va pas en faire tout un fromage. Oui, on peut lire Poe et regarder la starac. On peut également converser avec un avocat sur le code de la sécurité sociale et hurler de bonheur quand Chelsea gagne au foot. On peut avoir des amis d'une finesse et d'une intelligence incroyables et dire "bite-couille" à l'apéro. On peut aller voir le dernier James Gray, trouver son regard sur la mafia russe new-yorkaise super aiguisé, et tout se suite après mater D&CO sur la 6. On peut avoir son petit côté poète maudit(e) et son petit côté calembours dignes de Patrick Sébastien (bourré). On peut être femme et fille, rouge à lèvres Chanel et ongles rongés, Rock N Roll et Bidochon. On peut aimer les suites de Bach et les Misfits. Adorer l'abbé Pierrre et john Mc Lane. Idôlatrer Janis Joplin et regarder la Starac. La boucle est bouclée, et moi, je la b... (Patrick S., si tu me lis...!) September 28 de l'intérêt de certaines mises au pointHey Toi, Je vais arrêter d'aller voir dans les statistiques de l'espace pour savoir quelle recherche a fait aboutir google en ces lieux: dernière en date..... "grassouillette poilue"! Grassouillette, passe encore. ... Mais poilue!!!! Alors là, je m'insurge, oui, vise un peu, la grassouillette est toute insurgée. INSURGEE!! Pas poilue. Non mais. D'où l'intérêt de la mise au point donc. Toi qui me connais si bien, tu remarqueras que si ma prose est "brodeuse" sur certains détails, c'est que l'essentiel risquerait de souffrir de mon manque de vocabulaire et mériterait mieux que les quelques mots qui vont suivre. Dons, je te la fais courte (et en, écrivant cette phrase, je pense avec horreur aux prochaines statistiques). Je suis allée passer le week-end dernier à Bordeaux, chez ma copine K, son amoureux et leur petite fille. Comme toujours, un vrai bonheur de se revoir. D'excellents moments de complicité, des fous-rires, de l'attention, et plein d'amitié partout qui remplit le coeur. Tu crois qu'il n'y aura jamais assez de place pour en mettre plus, et hop, sans forcer, ça rentre encore dedans (là, j'avoue franchement que je le fais exprès). Fatalement, ça donne le cafard de rentrer... K a toujous l'art de poser les questions qui font réfléchir, celles qui font douter... mais c'est justement en se posant les bonnes questions que l'on a le courage d'entrevoir un semblant de réponse, même si les réponses font, hélas, apparaître l'inéluctable. D'où l'intérêt de la mise au point, donc. (bis, et là, devant tant de faculté à rebondir, incline-Toi). Si Tu n'as pas tout compris à ce billet, rassure-Toi. Moi non plus. September 03 d'une mutation, et des trucs qu'il faut arrêter avant d'avoir l'air ridiculeHey Toi, Evite moi tes sempiternelles plaintes et tes engueulades, ya pas que Toi dans la vie, et c'est carrément mieux ainsi. Bon, j'ai deux mois à rattraper. Je vais te faire ça par thème, tu vas voir, ça va aller vite. le boulot: Au bout de deux ans de souffrances atroces, d'injures diverses et variées, de salaire de misère et autres contrariétés patronales (par "patronale" bien sûr j'entends "venant de la direction, mais Tu le savais), de migraines terribles, bref, après deux longues années au téléphone, le 13 août est enfin arrivée... LA MUTATION. Désormais, je toucherai un salaire de misère, aurai des migraines terribles, et me ferai insulter en face à face. j'aurais également quelques soucis de "recadrage" (quand je parle de recadrage, c'est moi qui me fait... mais Tu sais ça aussi). Tu vois, ma vie entière est en train de changer!! Cela dit, juste pour la petite histoire, 4 jours après ma mutation, j'ai été envoyée dans un autre service pourri en tant que "détachée" pour aider ce fameux service en difficulté! En fait, là, ça va faire deux semaines que je pratique de la saisie pure, c'est merveilleusement intéressant et ça requiert de fabuleuses qualités cérébrales. C'est vrai, savoir se servir de ses (pauvres) yeux et de son index droit, c'est pas donné à tout le monde. les vacances: Elles ont duré une semaine. Le premier week end nous sommes allés dans les alpes. On avait tout prévu: le tas de bouquins super digestes, deux ou trois films qu'on avait pas vus, la voiture propre avec la clim dedans, le panier pour aller faire le marché samedi matin,... Sauf qu'encore une fois une donnée poliue nous a échappée: ce con de chien s'est encore tiré samedi matin très tôt. Jusque là tout va bien. Sauf qu'il n'est pas revenu. Deux jours! Deux jours entiers à s'époumonner, à chercher la serpillère, à se ronger les sangs et à angoisser! Deux jours à parcourir tous les coins touriqtiques, à interroger les passants, à laisser notre téléphone au moindre chalant! Le dimanche après midi, une dame nous a appelés, elle avait retrouvé le fugueur et il nous attendait chez elle. Fous de joie, aphones et morts de fatigues nous voilà partis récupérer le nomade poilu. Qui n'était pas toit seul, mais en compagnie d'n bon millier de copines marron foncé, tu sais de toutes petites copines qui grattent et qui sautent. Va trouver un pharmacien de gardev le dimanche au coeur du pays alpin pour acheter un insecticide! Heureusement, C a un copain pharmacien dans le coin qui nous a gentiement ouver sa boutique pour nous en vendre un. Une fois avoir traité le clébard, et la jolie voiture, il était temps de rentrer à la maison. Fantastique, le week-end dans les alpes. Impérissable souvenir de calme et de volupté. Vraiment. Je devais partir à Bordeaux pour vois ma copine K, son chéri et leur petite fille, mais manque de pot, ce n'était pas possible cette semaine-ci, donc, j'irai certainement à la fin du mois. la vie, tout ça: Tout va bien! Malgré ces petites tracas, j'ai beaucoup de chance, et je commence à m'en rendre compte. Avec C., tout va pour le mieux. Même si j'ai envie de l'étriper parfois, ma foi, je l'aime, et ça, c'est du luxe. Je lui reproche bien un ou deux trucs, mais il parait que ce sont des défauts assez récurents chez la gent masculine. Rien, en tout cas, qui ne me donne envie de virer ma cutie. Signe que tout va bien; j'ai pas pris un gramme depuis deux mois. Autre signe que tout va bien: j'ai pas perdu un gramme depuis deux mois, et j'en ai rien à battre. Il faut absolument que j'aille chez le coiffeur. L'une des cadres où je bosse en ce moment a de très longs cheveux grisonnant attachés en tresse et la quarantaine bien sonnée. Faut que je prenne les devants: les cheveux très longs, ya un âge où faut arrêter, c'est comme les santiags pour les garçons (quoique là il ne faudrait jamais commencer), Tokyo Hotel passés 16 ans, ou encore chanter du soi-disant rock and roll à dos de harley et -tiens donc-, chaussé de santiag en hurlant qu'on est, je sais pas moi? Un chanteur abandonné? (c'était un petit message personnel, ç'est pas gentil mais ça fait du bien... 32 ans qu'il me les brise, celui-là). A bon liseur fan de Johnny,....pardon (mais quand même). July 04 du pouvoirJe t’ai dans la peau.
Visite moi pore après pore.
Je suis ta prison.
Je suis ta mère et ton geôlier,
Tes secrets et ta douleur,
Je deviens toi.
Tout m’appartient.
Tes desseins et ta colère
Je les fais miens.
J’invente tes présages.
J’opte pour chacune de tes faveurs intimes.
Je suis ton dénouement,
Et je suis tes prémices.
Je suis ton inexpiable faute.
Et dans ta chair devenue mienne
Fourmillent les outrages
De ma haine et du temps.
Je m’approprie chaque soupir,
Chaque frisson je le savoure,
Et t’intégrant à mon oeuvre maudite,
Bientôt
Je serai ta perte.
June 25 d'un clan picard, et de sang royalHey Toi,
Le week-end dernier, je suis repartie en vadrouille, direction la picardie cette fois, Amiens pour être plus précise. J’avais quelques vieux comptes à régler avec cette satanée ville. Elle m’a pris beaucoup. Cependant elle m’a tant offert que désormais, je l’ai dans la peau, elle, ainsi qu’une certaine tribu y résidant. Une famille. Ma famille. Celle que j’ai dans la peau, donc.
Un père et ses trois fils. Un clan. De la testostérone à revendre, et de l’intelligence, de la finesse, de la pudeur, de la musique. Quatre jours au paradis, au bout de quatre ans d’absence. De la musique : du piano, du violon, des suites de Bach au violoncelle, le festival des arts de la rue.
Et, l’espace de quelques jours, toujours, cette curieuse impression d’être là à ma place, parmi les miens. Aucune angoisse, le calme plat. L’impression que tout pourrait être si simple. Un traitement de princesse, pour moi qui ne donne jamais de nouvelle, tempête de mistral venant perturber leurs calmes journées pluvieuses et sobres. De l’attention. Des attentions simples et sincères. Des regards bleus. Quelques doutes, puis le retour, enfin.
Mais qu’est-ce que je fous là ! Ca va finir par retomber. Comme d’habitude, ne subsisteront que le doux souvenir des matins interminables et délicieux remplis de thé et de lecture, et celui, plus festif, des soirées arrosant ces retrouvailles. La promesse de se donner plus souvent des nouvelles, et puis peut-être, rien d’autre. Mais tellement de bonheur ! Alors, forcément, après ce traitement de reine, comment revenir indemne ? Qui va me faire du thé, puis m’en refaire, qui va faire à manger en remplissant (encore) mon assiette, qui va se préoccuper de mon bien-être à ce point ? Qui rira autant à mes blagues les plus viles, à mes calembours les plus calamiteux ?
Ca va passer… Encore un peu de temps…
May 29 über eine schöne ReiseHey Toi,
Enfin j’ai réussi à désengluer mon amoureux de son boulot pour lui faire prendre un peu l’air hambourgeois… Que de plaisir… Ce port, gigantesque, rempli de grues, de navires de fret énormes, ce port où le fer côtoie sans honte le verre et la brique rouge. Il n’est rien de plus exquis que de se sentir en adéquation avec un lieu, en communion avec une atmosphère. Putain que j’aime cette ville, son Alster au beau milieu du centre ville, ses parcs et ses églises, et même la Reeperbahn , au cœur du quartier « chaud », là où les dames de « petite » vertu font par leur empressement tressaillir le passant, venu avec ses potes pour baiser, se droguer, ou simplement écouter un peu de rock n roll en arrosant la victoire de Sankt Pauli, club de foot local. Huit ans que je n’y étais pas retournée. Des souvenirs à travers la tête… Presque trop. Mais que ça fait du bien. Putain, ça fait du bien. Il y avait à Lübeck, petite ville touristique au nord, un groupe de lycéens. Quinze ou seize balais, qui se promenaient en se foutant royalement de ce que pouvait bien raconter leur prof, bien plus intéressés par les yeux de leur correspondant. Ces minots, c’était moi avant. Cette ville m’a donné beaucoup. En retournant en son sein, c’est un peu moi que je retrouve. Mais en mieux. Alors, tout va bien ? Ben oui, faut croire…
May 03 d'avoir un rêve
Être un rocher. Enorme, majestueux, solide, insensible, immortel. Être un rocher.
S’oublier.
Ne sentir que le vent, non, ne rien sentir du tout.
N’avoir crainte. Avancer masqué dans l’infâme maquis où pourrissent ensemble les mots trop entendus et les bonheurs vulgaires, les compliments aux forceps et les amours déçues.
Et aller jusqu’au bout.
Ne rien sentir du tout.
Oublier.
S’enduire des pleurs des condamnés, onguent salvateur. S’en nourrir, même.
Et ignorer le Beau, et insulter le Bon.
Ne rien sentir du tout.
Oublier.
S’arracher l’âme. Vite. Payer tribut au monstre, la sentence est sublime.
Payer tribut au monstre, et lui donner la main.
Apprivoiser le pire, et puis, tout oublier.
May 02 d'un poilu rouxCher Kenny, cher poilu rouquin,
Ca fait quoi, six ans qu’on se connaît, c’est ça ? Oui, je me souviens de cette époque, c’était pendant l’une de mes vies antérieures. Quand j’avais un appart à mon nom, le câble, et un boulot au sein de tes semblables poilus. J’avais un homme, mais pas le même. Je me souviens bien de cette époque. C’était le début de l’été, et madame X t’avait amené chez le véto où je bossais, parce que quelqu’un t’avait balancé dans son jardin. Tu devais avoir un mois grand maxi. Je me souviens qu’après tout un laïus sur « ces inhumains qui osent abandonner ces pauvres bêtes sans défense », elle t’a posé sur la table de consultation en disant qu’elle cherchait un foyer pour toi. Je me souviens que sitôt les pattes sur la table, tu as commencé à l’explorer consciencieusement. Que tu es venu te nicher au creux d’une de mes mains, et que tu étais bien mignon. Je me souviens du moment où je t’ai posé chez moi, par terre, au milieu du chien, de la chatte et des moutons. Je me souviens aussi que tu ne t’es pas dégonflé, à ce moment-là. Le chien, ravi de trouver là un nouveau compagnon de jeu, est venu tout de suite renifler tes moustaches, pendant que la chatte minaudait et faisait la gueule. Je me rappelle de la manière très « antiféline » dont tu as fait le tour de l’appart, t’arrêtant dans la litière, et piquant une tête dans la gamelle d’eau, avant de t’endormir entre deux bouquins dans le bas de la bibliothèque.
Je me souviens de tes énormes bêtises, de mes engueulades, de mes « Descends de là » hurlés, de ta tête quand tu préparais un sale coup. Je me souviens d’un soir, où, crevée, je t’ai trouvé à l’intérieur du sac de croquettes que le chien avait éventré. Je me souviens de ta complicité avec ce chien, de mon exaspération face à vos (multiples) facéties. Je me souviens des matins où « ton » chien n’osait pas se lever, car tu étais endormi sur sa tête, ta frimousse rousse pendant sur son œil. Je me souviens de notre séparation quelques temps, puis de nos retrouvailles en 2004. Je me souviens que tu étais très mécontent de quitter ton maître, qui ne pouvait plus te garder. Mais moi, j’étais ravie. Je me souviens de tes cascades, des nombreux photophores brisés, du canapé en tissu dont la mousse s’est répandue partout, sale chat, va !
Je me souviens de tes premières aventures extérieures, il y a plus d’un an, et de ta première fois dans l’abricotier. Ta première bagarre avec le gros chat noir à qui t’as foutu une raclée d’enfer, et ta démarche fière, ensuite, queue en l’air et œil torve. Je me souviens comme tu te plaisais à emmerder le nouveau chien, planqué dans la niche et lui sautant dessus pour l’effrayer.
Je me souviens de tout ça, et maintenant que tu es mort, j’espère deux choses : que tu as réussi à retrouver ton chien, et que le soir, tu t’endors la tête contre son flanc. Et aussi, que bientôt, tous ces bons souvenirs adouciront la peine de ta disparition. Mais là, tu souffrais, et cet état a eu raison de mon égoïsme. J’espère que ta vie te chat t’a comblé, en tout cas, je suis contente d’avoir croisé ta route.
April 11 du manqueHey Toi,
Il y a des fantômes qui traînent dans le coin. Des fantômes dans ma tête. Des êtres informes qui me rappellent à chaque instant combien je suis lâche, combien je suis fragile, et combien j’en souffre. Des fantômes endormis la plupart du temps et qui viennent se rappeler à mon « bon » souvenir.
Le spectre de gens perdus, d’êtres aimés, ou haïs, ou les deux. Le souvenir, vivace ou flou, de moments à jamais gravés, d’actes manqués, de choix imbéciles, de regrets éternels et de croisées des chemins.
Une grand-mère tricotant et chantonnant. Des jeux et des rires. Une Ardèche aux mille senteurs et aux généreux pêchers. Des accents, des processions de pénitents, des rires, encore. Un HLM home sweet home. Des bons points et des goûters gargantuesques. Deux tortues. Deux oiseaux. Une chienne. Un chat. Un bâtard compagnon de toutes les galères, de tous les déménagements. De bons choix, de mauvais choix, cette satanée croisée des chemins, et des rires, encore. Des amis. De la musique, des influences,et puis Le mauvais choix. Un picard, un enfant non porté, et des regrets, déjà. Un homme, non, l’Homme. Un bonheur furtif, quelques rires, encore. Mais vite, des regrets. De bons choix, de mauvais choix. Et toujours, cette foutue croisée des chemins.
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