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December 19

du retour de la grassouillette

Hey toi,

Crois-le ou non, Tu m'as vachement manqué. Un petit détour par mes statistiques pour constater que, l'autre pervers fan de grassouillette poilue mis à part (oui, "il" est revenu!), personne ne me fait l'honneur de ses visites. Tu me connais, pas du genre à me décourager pour si peu, et puis cet endroit, c'est avant tout pour moi que je l'ai créé. Cela dit, ma pauvre prose en serait presque vexée. Pas un chat à l'horizon! Pas un chalant perdu, et le seul lecteur assidu qui autrefois me rendait visite est amoureux!  D'une autre, de surcroît!! Ah, que d'ingratitude, mon très cher Monsieur B!

L'hiver arrivant -et que ce soit dit, l'hiver n'est pas du tout ma saison-, avec lui réssuscitent de vieux défauts de télévore pas encore repentie. Oui, je regarde la starac, bon, on va pas en faire tout un fromage. Oui, on peut lire Poe et regarder la starac. On peut également converser avec un avocat sur le code de la sécurité sociale et hurler de bonheur quand Chelsea gagne au foot. On peut avoir des amis d'une finesse et d'une intelligence incroyables et dire "bite-couille" à l'apéro. On peut aller voir le dernier James Gray, trouver son regard sur la mafia russe new-yorkaise super aiguisé, et tout se suite après mater D&CO sur la 6. On peut avoir son petit côté poète maudit(e) et son petit côté calembours dignes de Patrick Sébastien (bourré). On peut être femme et fille, rouge à lèvres Chanel et ongles rongés, Rock N Roll et Bidochon. On peut aimer les suites de Bach et les Misfits. Adorer l'abbé Pierrre et john Mc Lane. Idôlatrer Janis Joplin et regarder la Starac. La boucle est bouclée, et moi, je la b... (Patrick S., si tu me lis...!)

September 28

de l'intérêt de certaines mises au point

Hey Toi,

Je vais arrêter d'aller voir dans les statistiques de l'espace pour savoir quelle recherche a fait aboutir google en ces lieux: dernière en date..... "grassouillette poilue"!
Grassouillette, passe encore.
... Mais poilue!!!! Alors là, je m'insurge, oui, vise un peu, la grassouillette est toute insurgée. INSURGEE!! Pas poilue. Non mais.

D'où l'intérêt de la mise au point donc.

Toi qui me connais si bien, tu remarqueras que si ma prose est "brodeuse" sur certains détails, c'est que l'essentiel risquerait de souffrir de mon manque de vocabulaire et mériterait mieux que les quelques mots qui vont suivre.
Dons, je te la fais courte (et en, écrivant cette phrase, je pense avec horreur aux prochaines statistiques).

Je suis allée passer le week-end dernier à Bordeaux, chez ma copine K, son amoureux et leur petite fille.
Comme toujours, un vrai bonheur de se revoir. D'excellents moments de complicité, des fous-rires, de l'attention, et plein d'amitié partout qui remplit le coeur. Tu crois qu'il n'y aura jamais assez de place pour en mettre plus, et hop, sans forcer, ça rentre encore dedans (là, j'avoue franchement que je le fais exprès).
Fatalement, ça donne le cafard de rentrer...
K a toujous l'art de poser les questions qui font réfléchir, celles qui font douter... mais c'est justement en se posant les bonnes questions que l'on a le courage d'entrevoir un semblant de réponse, même si les réponses font, hélas, apparaître l'inéluctable.

D'où l'intérêt de la mise au point, donc. (bis, et là, devant tant de faculté à rebondir, incline-Toi).

Si Tu n'as pas tout compris à ce billet, rassure-Toi. Moi non plus.

September 03

d'une mutation, et des trucs qu'il faut arrêter avant d'avoir l'air ridicule

Hey Toi,

Evite moi tes sempiternelles plaintes et tes engueulades, ya pas que Toi dans la vie, et c'est carrément mieux ainsi.
Bon, j'ai deux mois à rattraper.
Je vais te faire ça par thème, tu vas voir, ça va aller vite.

le boulot: Au bout de deux ans de souffrances atroces, d'injures diverses et variées, de salaire de misère et autres contrariétés patronales (par "patronale" bien sûr j'entends "venant de la direction, mais Tu le savais), de migraines terribles, bref, après deux longues années au téléphone, le 13 août est enfin arrivée... LA MUTATION.
Désormais, je toucherai un salaire de misère, aurai des migraines terribles, et me ferai insulter en face à face. j'aurais également quelques soucis de "recadrage" (quand je parle de recadrage, c'est moi qui me fait... mais Tu sais ça aussi).
Tu vois, ma vie entière est en train de changer!!
Cela dit, juste pour la petite histoire, 4 jours après ma mutation, j'ai été envoyée dans un autre service pourri en tant que "détachée" pour aider ce fameux service en difficulté! En fait, là, ça va faire deux semaines que je pratique de la saisie pure, c'est merveilleusement intéressant et ça requiert de fabuleuses qualités cérébrales. C'est vrai, savoir se servir de ses (pauvres) yeux et de son index droit, c'est pas donné à tout le monde.

les vacances: Elles ont duré une semaine. Le premier week end nous sommes allés dans les alpes. On avait tout prévu: le tas de bouquins super digestes, deux ou trois films qu'on avait pas vus, la voiture propre avec la clim dedans, le panier pour aller faire le marché samedi matin,... Sauf qu'encore une fois une donnée poliue nous a échappée: ce con de chien s'est encore tiré samedi matin très tôt. Jusque là tout va bien. Sauf qu'il n'est pas revenu. Deux jours! Deux jours entiers à s'époumonner, à chercher la serpillère, à se ronger les sangs et à angoisser! Deux jours à parcourir tous les coins touriqtiques, à interroger les passants, à laisser notre téléphone au moindre chalant!
Le dimanche après midi, une dame nous a appelés, elle avait retrouvé le fugueur et il nous attendait chez elle. Fous de joie, aphones et morts de fatigues nous voilà partis récupérer le nomade poilu. Qui n'était pas toit seul, mais en compagnie d'n bon millier de copines marron foncé, tu sais de toutes petites copines qui grattent et qui sautent. Va trouver un pharmacien de gardev le dimanche au coeur du pays alpin pour acheter un insecticide! Heureusement, C a un copain pharmacien dans le coin qui nous a gentiement ouver sa boutique pour nous en vendre un. Une fois avoir traité le clébard, et la jolie voiture, il était temps de rentrer à la maison.
Fantastique, le week-end dans les alpes. Impérissable souvenir de calme et de volupté. Vraiment.
Je devais partir à Bordeaux pour vois ma copine K, son chéri et leur petite fille, mais manque de pot, ce n'était pas possible cette semaine-ci, donc, j'irai certainement à la fin du mois.
la vie, tout ça: Tout va bien! Malgré ces petites tracas, j'ai beaucoup de chance, et je commence à m'en rendre compte. Avec C., tout va pour le mieux. Même si j'ai envie de l'étriper parfois, ma foi, je l'aime, et ça, c'est du luxe. Je lui reproche bien un ou deux trucs, mais il parait que ce sont des défauts assez récurents chez la gent masculine. Rien, en tout cas, qui ne me donne envie de virer ma cutie.
Signe que tout va bien; j'ai pas pris un gramme depuis deux mois.
Autre signe que tout va bien: j'ai pas perdu un gramme depuis deux mois, et j'en ai rien à battre.

Il faut absolument que j'aille chez le coiffeur. L'une des cadres où je bosse en ce moment a de très longs cheveux grisonnant attachés en tresse et la quarantaine bien sonnée. Faut que je prenne les devants: les cheveux très longs, ya un âge où faut arrêter, c'est comme les santiags pour les garçons (quoique là il ne faudrait jamais commencer), Tokyo Hotel passés 16 ans, ou encore chanter du soi-disant rock and roll à dos de harley et -tiens donc-, chaussé de santiag en hurlant qu'on est, je sais pas moi? Un chanteur abandonné? (c'était un petit message personnel, ç'est pas gentil mais ça fait du bien... 32 ans qu'il me les brise, celui-là).

A bon liseur fan de Johnny,....pardon (mais quand même).
July 04

du pouvoir

Je t’ai dans la peau. Visite moi pore après pore. Je suis ta prison. Je suis ta mère et ton geôlier, Tes secrets et ta douleur, Je deviens toi. Tout m’appartient. Tes desseins et ta colère Je les fais miens. J’invente tes présages. J’opte pour chacune de tes faveurs intimes. Je suis ton dénouement, Et je suis tes prémices. Je suis ton inexpiable faute. Et dans ta chair devenue mienne Fourmillent les outrages De ma haine et du temps. Je m’approprie chaque soupir, Chaque frisson je le savoure, Et t’intégrant à mon oeuvre maudite, Bientôt Je serai ta perte.
June 25

d'un clan picard, et de sang royal

Hey Toi, Le week-end dernier, je suis repartie en vadrouille, direction la picardie cette fois, Amiens pour être plus précise. J’avais quelques vieux comptes à régler avec cette satanée ville. Elle m’a pris beaucoup. Cependant elle m’a tant offert que désormais, je l’ai dans la peau, elle, ainsi qu’une certaine tribu y résidant. Une famille. Ma famille. Celle que j’ai dans la peau, donc. Un père et ses trois fils. Un clan. De la testostérone à revendre, et de l’intelligence, de la finesse, de la pudeur, de la musique. Quatre jours au paradis, au bout de quatre ans d’absence. De la musique : du piano, du violon, des suites de Bach au violoncelle, le festival des arts de la rue. Et, l’espace de quelques jours, toujours, cette curieuse impression d’être là à ma place, parmi les miens. Aucune angoisse, le calme plat. L’impression que tout pourrait être si simple. Un traitement de princesse, pour moi qui ne donne jamais de nouvelle, tempête de mistral venant perturber leurs calmes journées pluvieuses et sobres. De l’attention. Des attentions simples et sincères. Des regards bleus. Quelques doutes, puis le retour, enfin. Mais qu’est-ce que je fous là ! Ca va finir par retomber. Comme d’habitude, ne subsisteront que le doux souvenir des matins interminables et délicieux remplis de thé et de lecture, et celui, plus festif, des soirées arrosant ces retrouvailles. La promesse de se donner plus souvent des nouvelles, et puis peut-être, rien d’autre. Mais tellement de bonheur ! Alors, forcément, après ce traitement de reine, comment revenir indemne ? Qui va me faire du thé, puis m’en refaire, qui va faire à manger en remplissant (encore) mon assiette, qui va se préoccuper de mon bien-être à ce point ? Qui rira autant à mes blagues les plus viles, à mes calembours les plus calamiteux ? Ca va passer… Encore un peu de temps…
May 29

über eine schöne Reise

Hey Toi, Enfin j’ai réussi à désengluer mon amoureux de son boulot pour lui faire prendre un peu l’air hambourgeois… Que de plaisir… Ce port, gigantesque, rempli de grues, de navires de fret énormes, ce port où le fer côtoie sans honte le verre et la brique rouge. Il n’est rien de plus exquis que de se sentir en adéquation avec un lieu, en communion avec une atmosphère. Putain que j’aime cette ville, son Alster au beau milieu du centre ville, ses parcs et ses églises, et même la Reeperbahn , au cœur du quartier « chaud », là où les dames de « petite » vertu font par leur empressement tressaillir le passant, venu avec ses potes pour baiser, se droguer, ou simplement écouter un peu de rock n roll en arrosant la victoire de Sankt Pauli, club de foot local. Huit ans que je n’y étais pas retournée. Des souvenirs à travers la tête… Presque trop. Mais que ça fait du bien. Putain, ça fait du bien. Il y avait à Lübeck, petite ville touristique au nord, un groupe de lycéens. Quinze ou seize balais, qui se promenaient en se foutant royalement de ce que pouvait bien raconter leur prof, bien plus intéressés par les yeux de leur correspondant. Ces minots, c’était moi avant. Cette ville m’a donné beaucoup. En retournant en son sein, c’est un peu moi que je retrouve. Mais en mieux. Alors, tout va bien ? Ben oui, faut croire…
May 03

d'avoir un rêve

Être un rocher. Enorme, majestueux, solide, insensible, immortel. Être un rocher. S’oublier. Ne sentir que le vent, non, ne rien sentir du tout. N’avoir crainte. Avancer masqué dans l’infâme maquis où pourrissent ensemble les mots trop entendus et les bonheurs vulgaires, les compliments aux forceps et les amours déçues. Et aller jusqu’au bout. Ne rien sentir du tout. Oublier. S’enduire des pleurs des condamnés, onguent salvateur. S’en nourrir, même. Et ignorer le Beau, et insulter le Bon. Ne rien sentir du tout. Oublier. S’arracher l’âme. Vite. Payer tribut au monstre, la sentence est sublime. Payer tribut au monstre, et lui donner la main. Apprivoiser le pire, et puis, tout oublier.
May 02

d'un poilu roux

Cher Kenny, cher poilu rouquin, Ca fait quoi, six ans qu’on se connaît, c’est ça ? Oui, je me souviens de cette époque, c’était pendant l’une de mes vies antérieures. Quand j’avais un appart à mon nom, le câble, et un boulot au sein de tes semblables poilus. J’avais un homme, mais pas le même. Je me souviens bien de cette époque. C’était le début de l’été, et madame X t’avait amené chez le véto où je bossais, parce que quelqu’un t’avait balancé dans son jardin. Tu devais avoir un mois grand maxi. Je me souviens qu’après tout un laïus sur « ces inhumains qui osent abandonner ces pauvres bêtes sans défense », elle t’a posé sur la table de consultation en disant qu’elle cherchait un foyer pour toi. Je me souviens que sitôt les pattes sur la table, tu as commencé à l’explorer consciencieusement. Que tu es venu te nicher au creux d’une de mes mains, et que tu étais bien mignon. Je me souviens du moment où je t’ai posé chez moi, par terre, au milieu du chien, de la chatte et des moutons. Je me souviens aussi que tu ne t’es pas dégonflé, à ce moment-là. Le chien, ravi de trouver là un nouveau compagnon de jeu, est venu tout de suite renifler tes moustaches, pendant que la chatte minaudait et faisait la gueule. Je me rappelle de la manière très « antiféline » dont tu as fait le tour de l’appart, t’arrêtant dans la litière, et piquant une tête dans la gamelle d’eau, avant de t’endormir entre deux bouquins dans le bas de la bibliothèque. Je me souviens de tes énormes bêtises, de mes engueulades, de mes « Descends de là » hurlés, de ta tête quand tu préparais un sale coup. Je me souviens d’un soir, où, crevée, je t’ai trouvé à l’intérieur du sac de croquettes que le chien avait éventré. Je me souviens de ta complicité avec ce chien, de mon exaspération face à vos (multiples) facéties. Je me souviens des matins où « ton » chien n’osait pas se lever, car tu étais endormi sur sa tête, ta frimousse rousse pendant sur son œil. Je me souviens de notre séparation quelques temps, puis de nos retrouvailles en 2004. Je me souviens que tu étais très mécontent de quitter ton maître, qui ne pouvait plus te garder. Mais moi, j’étais ravie. Je me souviens de tes cascades, des nombreux photophores brisés, du canapé en tissu dont la mousse s’est répandue partout, sale chat, va ! Je me souviens de tes premières aventures extérieures, il y a plus d’un an, et de ta première fois dans l’abricotier. Ta première bagarre avec le gros chat noir à qui t’as foutu une raclée d’enfer, et ta démarche fière, ensuite, queue en l’air et œil torve. Je me souviens comme tu te plaisais à emmerder le nouveau chien, planqué dans la niche et lui sautant dessus pour l’effrayer. Je me souviens de tout ça, et maintenant que tu es mort, j’espère deux choses : que tu as réussi à retrouver ton chien, et que le soir, tu t’endors la tête contre son flanc. Et aussi, que bientôt, tous ces bons souvenirs adouciront la peine de ta disparition. Mais là, tu souffrais, et cet état a eu raison de mon égoïsme. J’espère que ta vie te chat t’a comblé, en tout cas, je suis contente d’avoir croisé ta route.
April 30

d'un post inutile

Je pense souvent à la théorie du chaos. A part ça, tout va presque bien.
April 11

du manque

Hey Toi, Il y a des fantômes qui traînent dans le coin. Des fantômes dans ma tête. Des êtres informes qui me rappellent à chaque instant combien je suis lâche, combien je suis fragile, et combien j’en souffre. Des fantômes endormis la plupart du temps et qui viennent se rappeler à mon « bon » souvenir. Le spectre de gens perdus, d’êtres aimés, ou haïs, ou les deux. Le souvenir, vivace ou flou, de moments à jamais gravés, d’actes manqués, de choix imbéciles, de regrets éternels et de croisées des chemins. Une grand-mère tricotant et chantonnant. Des jeux et des rires. Une Ardèche aux mille senteurs et aux généreux pêchers. Des accents, des processions de pénitents, des rires, encore. Un HLM home sweet home. Des bons points et des goûters gargantuesques. Deux tortues. Deux oiseaux. Une chienne. Un chat. Un bâtard compagnon de toutes les galères, de tous les déménagements. De bons choix, de mauvais choix, cette satanée croisée des chemins, et des rires, encore. Des amis. De la musique, des influences,et puis Le mauvais choix. Un picard, un enfant non porté, et des regrets, déjà. Un homme, non, l’Homme. Un bonheur furtif, quelques rires, encore. Mais vite, des regrets. De bons choix, de mauvais choix. Et toujours, cette foutue croisée des chemins.
April 06

d'une poule sur un mur (mais... belle bête)

Hey Toi,..................... Tant pis pour mon problème de mise en forme, voilà des points pour t'indiquer que là, dans un monde parfait où je serais une reine de l'informatique et où j'aurais résolu mes problèmes firefoxestes, j'irais à la ligne.............................. Tu piges le truc? Alors c'est parti, je ne peux me taire plus longtemps, tant tu me manques et tant je me sens muselée sans Toi........................... Non que j'aie des informations essentielles voire vitales, à te communiquer, mais c'est ma vie, merde, et quand faut que ça sorte... faut que ça sorte........................................ J'ai passé une semaine d'enfer, à cause du poilu rouquin qui est très malade. A la base, il est soigné depuis un mois pour une allergie alimentaire. Mais hélas, le traitement a révélé un problème bien plus important: il fait un syndrôme néphrotique. En clair, ses reins ne marchent plus comme il faut, il a des fuites d'albumine, l'urée monte en flèche et il a des oedèmes partout. Nous voilà donc partis dimanche chez le véto de garde qui nous confirme que c'est gravissime. Il est resté hospitalisé jusqu'à mardi soir. Depuis, il va mieux, il vivote, il mangeouille, il ronronne, il dégonflouille, il lutte. le problème, c'est que les diurétiques utilisés pour lutter contre l'oedème sont dangereux pour ses reins, qui sont déjà eux-mêmes à moitié niqués................................................ Je me rends absolument compte qu'il ne s'agit après tout, que d'un chat, un chat de gouttière de surcroît, qu'un chat qui meurt, ben c'est qu'un chat qui meurt, qu'il y a sur terre des choses bien plus blablablabla, je pourrais en raconter jusqu'à demain, que si j'avais un enfant, etc, etc, il n'empêche: mon chat va peut être mourir bientôt, il a 6 ans, et ça me rend malade. Alors, si Toi, tu pouvais m'épargner tes grands discours, ça m'arrangerait, je suis chez moi ici après tout, merde à la fin. (là, ça mérite d'aller à la ligne)............................................ Hier, monsieur le chat K se sentait un brin mieux, et a décidé d'aller se faire une ballade pour voir s'il pouvait dénicher quelque gonzesse à draguer (même malade-et castré!- il garde la classe, elles sont toutes folles de lui), quelque vieille à raquetter, ou quelque voiture sous laquelle se pourrir. Ne le voyant pas revenir au bout d'une heure, j'essaie de garder mon calme. A 17h30, j'agite les croquettes: rien. A 18h, agitation de croquettes bis, j'essaie de prendre sur moi et de patienter. A 19h, devant mes essais pathétiques et surtout infructueux d'agitation de croquettes, je commence à l'imaginer agonisant dans un recoin du quartier. A 19h30, tremblante et aphone (à force de hurler son nom), je fais le tour du pâté de maison une dernière fois. A 20h, j'appelle C, en larmes, qui essaie de raison garder. A 20h02, je me rends compte que l'animal dont j'entends le croassement vers chez le voisin n'est peut-être pas un crapaud. A 20h03, j'en ai la certitude: ce crétin de chat a franchi le mur et, affaibli, ne peut le franchir à nouveau pour revenir. Ni une, ni deux: je récupère une chaise, je grimpe dessus, et avec toute la souplesse, la grâce et l'habileté qui me caractérisent, je me hisse sur le mur, telle une héroïne, oui, à ce moment précis, je me suis sentie puissante, oui, à 20h04, je suis Lara Croft.....................................A 20h05, je vois mon chat aphone lui aussi qui essaie de grimper sans succès. je tends les bras, je le rassure, et là, à 20h06, je me souviens que de Lara Croft je ne possède, hélas, que l'opulente poitrine, qu'en vrai je suis juste une fille grassouillette, peureuse, et sujette au vertige. Impossible de redescendre de mon mur, je rappelle C (oui, j'emmène toujours mon téléphone avec moi dans les situations délicates...on ne sait jamais). Quelle chance, cinq minutes après, il est là, mon John Mc Lane, mon Albator! Il rapproche la chaise en me rassurant, il m'aide à descendre du mur, il grimpe à son tour dessus (certes moins leste que John, mais quand même classe). Il passe de l'autre côté du mur, il me lance quasiment le chat, et... évidemment il se retrouve chez le voisin sans possiblité de retour. Laisse moi aussi te préciser que le voisin n'était pas chez lui, hein, je ne suis pas non plus complètement blonde, j'avais essayé de sonner avant. J'enferme le fuyard rouquin dans la maison, et je lance la chaise à C. Là se pose une question essentielle: comment récupérer la chaise? "Une ficelle", dit-il, mon héros, de l'autre côté du mur. "Oui, j'y vais", lance-je, contente d'avoir un rôle, même ridicule, à jouer dans le sauvetage. Me voilà partie à la recherche de ficelle, mais bon, on en a pas. Alors, j'ai pris la premuère chose qui m'est tombée sous la main: la guirlande lumineuse du sapin de Noël, abandonnée dans le cafoutch. (cafoutch: pièce, en général de petite taille, où l'on entasse toutes les merdes dont on ne veut pas dans la maison). Je lui lance la guirlande, il remonte, passe par dessus le mur, tire la chaise enguirlandée, et revient avec -presque- légereté se poser sur le sol de notre jardin.................................A 20h23, je m'effondre dans ses bras, et je prends conscience de ce que c'est vraiment, un couple........................................................Avoue, cher Toi, que je t'avais manqué aussi!
March 28

d'un manque énorme

Hey Toi, Quelle galère pour poster. Firefox ne veut plus de moi, on dirait. Du coup, en reine de l'informatique (hum) que je suis, je viens de télécharger un autre navigateur. Ceci est donc un essai, et si ça marche, je te promets un nouveau billet bientôt. Tu me manques, à bientôt...
March 08

d'un glapissement

Hey Toi, J'ai des problèmes pour poster (à cause de ce crétin de firefox semble-t-il). Un mot simplement: WEEK END. Je sais, je sais, on est jeudi après midi... hiiiiiiiiiii!!... (glapissement de contentement)
March 06

de mes (45) nouveaux amis

Hey Toi! Comment ça « t’es qui toi ?"?? M’enfin, c’est moi, mari, merde alors ! Arrête de faire ta mauvaise tête, j’ai une vie réelle, moi, bordel ! je ne peux pas passer mon temps à causer à un être qui n’existe pas, putain ! Je sais que ça fait un bail qu’on ne s’est pas croisés, nous deux. Je sais aussi, te connaissant, que tu n’es pas aussi rancunier que ça. Allez, une virtuelle tape sur l’épaule, et c’est reparti, d’accord ?… J’aime assez faire croire que je suis surbookée, que ma « vraie » vie est formée d’une succession d’événements merveilleux qui me bouffent tout mon temps, qu’au boulot je surbosse avec plaisir et zèle, que je fais la fête comme une malade, avec les cotillons et le champagne. La vérité c’est que ces temps-ci, je n’ai pas grand chose à raconter. Mes rides se creusent, et moi, putain, j’en suis toujours au même point. Mes cheveux blancs se multiplient à une allure telle que bientôt, à force de les arracher, je n’aurai plus un poil sur le caillou, mais j’attends toujours la maturité qui devrait aller avec. A force de me remettre en question toute la journée, à force de me chercher, encore et encore , je suis fa-ti-guée. Si encore j’avais quelque résultat, une piste quelconque, mais rien. C’en devient désespérant, à la longue. Ma demande de mutation attend bien au chaud dans les bureaux des RH. Mon chat a une otite carabinée, rendez-vous demain chez le véto. Je sors de chez le dentiste, j’ai une dent à couronner. J’ai perdu deux malheureux, deux ridicules, deux minuscules kilos. Mais depuis dix jours, rien. Je refuse de m’affamer. Je ne veux pas perdre le plaisir de manger, faut pas déconner non plus. Compulsif-Le-Vélo attend toujours qu’une âme charitable et motivée le délivre de son carton d’emballage… MAIS : Je passe de bons week-ends. Samedi soir a eu lieu notre fameuse soirée annuelle « fromage et vin rouge » à la maison, faudrait pas se laisser abattre. J’avais invité Steph M, mais aussi le couple R+H. R fait partie d’un groupe de punk devant lequel je me prosterne., Du coup, j’étais vachement fière de faire sa connaissance de manière un peu plus approfondie. J’ai essayé de rester digne, de faire fermer sa bouche à la groupie qui sommeille en moi. « Encore un verre, R ? ». H, son amie, est une fille délicieuse. Je ne le dirai jamais assez, j’aime ces moments d’ébauche d’amitié, où on ne sait pas ce qui va arriver par la suite, mais où on se sent fiévreux parce l’instant est presque magique. En parlant d’amitié, K me manque beaucoup. C’est loin, Bordeaux… Mr B aussi me manque, ainsi que les moments de complicité que nous partagions, nos épanchements respectifs, à demander conseil à l’autre et à se rassurer. Ah, ce constant besoin d’être estimée!… Vu que mes amis sont (au choix) loin, occupés ou fâchés (je ne décroche plus le téléphone, la faute à mon boulot, et je ne rappelle personne non plus, ou si rarement), il a bien fallu que je trouve une autre alternative. Et là, ma copine S du boulot m’a parlé de « Myspace ». ni une ni deux, je m’y suis inscrite, essentiellement pour dialoguer par mail avec elle. Mais, mais, mais… J’ai PLEIN d’amis !! Tu connais le principe de MySpace, puisque c’est ton concurrent direct. Si tu n’es ni auteur, ni musicien, si tu n’as aucun talent artistique à faire partager, MySpace ne sert srictement à rien. Sauf que tu peux demander aux autres membres de devenir « tes amis ». Du coup, là, j’me la pète, j’ai 45 amis (ce nombre fera doucement rigoler le puriste, mais bon). Dont John Lennon ! Dont Brassens ! Dont Albator ! Attend, c’est pas rien, d’avoir Albator comme ami. Et, curieusement, certains, même morts, sont plus enclins à la conversation et aux commentaires que les vivants (et paf dans les dents de ceux qui se reconnaitront J) ! Allez , fais pas la tête, cher Toi, tu restes mon préféré, va…
January 31

de l'accent


Hey Toi,

Aujourd’hui, une de mes conversations téléphoniques m’a fait me replonger dans l'une de mes vieilles réflexions.
Je te passe les détails insignifiants concernant la phase « professionnelle » ; du vite fait- bien-fait, comme à mon inhabitude, puis la dame, très sympa au demeurant, m’a remerciée pour ma gentillesse et pour … la chaleur de mon accent toulousain.
Depuis toujours, dès que j’ouvre la bouche, on me pose la sempiternelle question « ouhh, tu dois être de toulouse ».
Or, il se trouve qu’à Toulouse, cher Toi, je n’ai jamais foutu ne serait-ce que le bout de l’orteil.
Pourtant, les choses semblent être limpides pour la plupart des « nouveaux rencontrés » : je suis originaire de Toulouse, ou de Béziers, c’est selon.
Non, je ne suis pas de Toulouse. Ni ma mère d’ailleurs, qui est corse. Ni mon père, qui est marseillais.
Je ne sais pas pourquoi j’ai à priori l’accent toulousain. Un savant mélange de l’accent corse et de l’accent marseillais, peut-être, quoique j’en doute vraiment.
Mais peu importe, revenons au fond des choses.
Depuis que je suis entrée dans l’âge dit adulte, mon accent, j’ai l’impression, m’a toujours desservie.
Un accent du sud, quel qu’il soit, est toujours un handicap, j’ose l’affirmer . N’est pas Cabrel qui veut, et encore, je suis sure que lui aussi a eu à subir des vannes foireuses au sujet de sa cabaneuh au fong du jarding.
Un handicap, un boulet que l’on se traîne à vie.
L’accent du sud, c’est forcément le soleil, les cigales, l’humour, une bonne humeur à toute épreuve et Félicie aussi. L’accent du sud, c’est forcément les galéjades, les couillonnades, ou autres estrancinations. C’est la forme avant le fond. L’accent du sud, c’est être drôle. Voilà. J’ai le sentiment que les « sans accent » prennent moins au sérieux, voire en considération, tous ceux qui font résonner les mots d’une manière qui leur rappelle leurs vacances à la mer.
Avoir l’accent, c’est être condamné à vie à être esclave de ses mots. C’est toujours devoir essayer de faire oublier "comment" je le dis à "ce" que je dis. C'est manquer de sérieux.
Avoir l’accent, c’est ne jamais avoir de droit d’être triste sans être ridicule aux oreilles de certains.
C’est fatigant.
Alors voilà, moi, je vis avec l’accent, je parle avec l’accent, je pleure avec l’accent, et quand je fais l’amour, je le fais avec l’accent. Tu vois, ça te fait sourire Toi aussi... petit salopiot, va !…

Allez zou, un cadeau pour la route :

L'accent
Miguel Zamacoïs (1866-1955)

"De l'accent! De l'accent! Mais après tout en-ai-je?
Pourquoi cette faveur? Pourquoi ce privilège?
Et si je vous disais à mon tour, gens du Nord,
Que c'est vous qui pour nous semblez l'avoir très fort
Que nous disons de vous, du Rhône à la Gironde,
"Ces gens là n'ont pas le parler de tout le monde!"
Et que, tout dépendant de la façon de voir,
Ne pas avoir l'accent, pour nous, c'est en avoir...
Eh bien non ! je blasphème! Et je suis las de feindre!
Ceux qui n'ont pas d'accent, je ne puis que les plaindre!
Emporter de chez soi les accents familiers,
C'est emporter un peu sa terre à ses souliers,
Emporter son accent d'Auvergne ou de Bretagne,
C'est emporter un peu sa lande ou sa montagne!
Lorsque, loin du pays, le cœur gros, on s'enfuit,
L'accent? Mais c'est un peu le pays qui vous suit!
C'est un peu, cet accent, invisible bagage,
Le parler de chez soi qu'on emporte en voyage!
C'est pour les malheureux à l'exil obligés,
Le patois qui déteint sur les mots étrangers!
Avoir l'accent enfin, c'est, chaque fois qu'on cause,
Parler de son pays en parlant d'autre chose!...
Non, je ne rougis pas de mon fidèle accent!
Je veux qu'il soit sonore, et clair, retentissant!
Et m'en aller tout droit, l'humeur toujours pareille,
En portant mon accent fièrement sur l'oreille!
Mon accent! Il faudrait l'écouter à genoux!
Il nous fait emporter la Provence avec nous,
Et fait chanter sa voix dans tous mes bavardages
Comme chante la mer au fond des coquillages!
Ecoutez! En parlant, je plante le décor
Du torride Midi dans les brumes du Nord!
Mon accent porte en soi d'adorables mélanges
D'effluves d'orangers et de parfum d'oranges;
Il évoque à la fois les feuillages bleu-gris
De nos chers oliviers aux vieux troncs rabougris,
Et le petit village où les treilles splendides
Éclaboussent de bleu les blancheurs des bastides!
Cet accent-là, mistral, cigale et tambourin,
A toutes mes chansons donne un même refrain,
Et quand vous l'entendez chanter dans ma parole
Tous les mots que je dis dansent la farandole!"


January 30

du fils du crémier et de vélos elliptiques


Hey Toi,

Putain, j’ai une pêche !
Le week-end à Bordeaux chez ma copine K s’est super bien passé ; le seul hic, c’est que toute à mon enthousiasme, je me suis laissée surprendre par une espèce de sale grippe. Du coup, malade chez mes amis, le week-end en a été un peu gâché. Heureusement que le grand bonheur de les revoir a contrebalancé tout ça… Ma filleule est vraiment cool, comme bébé. Elle n’est pas du tout chiante comme certains autres hurleurs de ma connaissance.
Nous sommes allé visiter St Emilion, et nous avons été bien sages quant à la quantité de breuvage alcoolisé ramené (on y retournera, là, c’était du repérage !…).
Petit souvenir  photographique de notre passage ci-joint (avoue que ça laisse rêveur).

Au boulot, ça va à peu près, malgré les circonstances. Nos mutations sont toujours aussi gelées. On a juste la promesse verbale de s’en aller si on refuse de signer un contrat de professionnalisation qui nous rendrait esclaves du téléphone durant toute notre « carrière ». En attendant le projet, qui devrait voir le jour à la fin du premier trimestre, j’attends, j’essaie de me faire une raison et je me surprends encore à rêver de démission.
Il y a quand même un Enorme point positif à bosser pour cette « institution-dont-on-ne-doi-pas-prononcer-le-nom » : les (très) nombreux jours de congés dont on bénéficie.
Juge plutôt : déjà, comme je n’ai pas pris de « vraies vacances » durant cette année, mais seulement de longs week-ends, il me restait environ 16 jours à poser avant fin juin. Ceci étant fait, je me retrouvais avec quelques longs week-ends, et deux semaines de vacances, une en avril et une en mai.
Aujourd’hui, la secrétaire m’a convoquée : je me suis plantée dans le calcul du nombre de jours (j’avais omis des RTT !…), et devine… Huit jours de plus à poser, comme ça, qui tombent du ciel ! Huit jours, putain ! Enorme.
Du coup, tiens, un très long week-end supplémentaire en février, et deux très longs week-ends (4 et 5 jours !) en juin.
J’ai appris ça il y a une heure, et depuis, je ne redescends pas de mon nuage.
Je suis payée au lance-pierres, je fais un travail pourri, mais au moins j’ai des congés (Compte avec moi, ça fait bien 24 jours, ahlala, je ne me lasse pas de les recompter, de les regarder amoureusement squatter mon agenda…)
Quel dommagee que je ne puisse pas profiter de tout ce temps pour voyager un peu… Trop cher, ma grande, les voyages, même un week-end à Paris, c’est la ruine. Le train est hord de pris, quant à l’avion, ça fait bien longtemps que j’ai rayé ce mode de transport de ma vie. Depuis la dernière fois, il y a quelques années déjà, où j’avais perdu toute dignité au décollage, hurlant que je voulais descendre.

En ce qui concerne mes ennuis avec mes supérieurs par rapport à mes temps de communication trop longs (la sacro-sainte loi des trois minutes maximum, que tout bon téléconseiller se doit de respecter), il se trouve que j’ai trouvé une bonne réplique, la même depuis des mois, mais je m’y tiens et n’en démordrai jamais : « Je dépasse le temps ? Mettez-moi en prison ». Voilà, je ne suis pas compliquée, s’ils sont mécontents de mon travail, qu’ils me mutent ou qu’ils me virent, je leur laisse le choix.
Au moins, les gens, quand ils m’appellent, ont vraiment l’impression de trouver une oreille attentive et compatissante. Merde alors, c’est pas ça, le service public , bordel ? Bon, il est vrai que je me fais beaucoup moins insulter quand je vais dans leur sens, à vrai dire… C’est beaucoup moins fatigant pour les nerfs, et ce n’est pas pour cela que je ne les renseigne pas correctement.

Voilà donc pour les dernières nouvelles. J’ai l’impression d’être en phase maniaque alors que je n’attends plus la phase « down ». J’ai le beurre, l’argent du beurre, et le fils du crémier. Je suis tellement contente que je me suis offert un putain de vélo elliptique, vraiment n’importe quoi. Déjà, il faut que j’aille le récupérer chez Décathlon, et de plus, je ne sais toujours pas où je vais le foutre dans ma petite maison. « Achat compulsif », il paraît que ça s’appelle…
D’autres s’offrent des fringues ou des scéances chez le coiffeur, moi, que veux-tu, je m’offre des vélos elliptiques.

Il fallait que je te parle de tout ça, ce bien-être, cette euphorie qui m’emporte, il fallait que je t’en parle tout de suite. Avant que ça ne s’en aille. Avant que d’autres mesquines préoccupations ne viennent tout polluer.
Scellons-donc cet instant dans la toile :  aujourd’hui, mardi 30 janvier 2007, je vais super bien. Comme dirait Grand Corps Malade (avec lequel j’ai de nouveau rendez-vous vendredi soir, héhé), « j’voulais pas écrire un texte  Petite maison Dans La Prairie », mais bon…
Comment ça il a rendez-vous avec d’autres gens que moi vendredi soir ? Que nenni ! Lui quand il cause, c’est uniquement dans le creux de MON oreille, que les choses soient claires !



January 16

de mon quart d'heure prise de tête


Hey Toi,

Mardi après-midi… Pas de rendez-vous msn avec Mr B, je voyage de blog en blog, d’histoire de solitude en histoire familiale, de déprime en burlesque, de sobre en rose fluo… Et je m’interroge. Tous ces gens, partout, qui donnent d’eux, un peu, ici ou ailleurs. Qui se dévoilent, qui avouent. Qui s’interrogent sur eux-mêmes. Qui se regroupent, qui s’affirment, qui explosent, qui rêvent à tout va. C’est beau. Mais c’est effrayant. Que ne possède donc pas la Vie pour que l’on cherche à tout prix à s’en éloigner, parfois, pour quelques moments furtifs passés ici, à se regarder sans se voir ?
Internet, est-ce aussi la Vie ?
Ces fragments de nous-mêmes offerts ne sont-ils que des mensonges ?
Dans quelle mesure puis-je considérer qu’ici je suis vraiment moi ?
Pourquoi cela me gêne-t-il autant de savoir qu’une personne de mon entourage peut être susceptible de lire ces lignes ? Est-ce parce que j’ai peur de décevoir l’Autre, ou bien parce que j’ai peur que l’Autre ne me reconnaisse pas ?
Un blog, est-ce un lieu de vie, une pièce de plus dans la maison, ou l’on se réfugie quand on a mal, ou l’on vient se nicher quand on a peur ?
Ptain, j’ai mal à la tête….



January 09

d'une inévitable rupture


Hey toi,

Il est plus que temps que je trouve un vrai moyen de me casser de ce boulot pourri. Vraiment plus que temps. Que dire d’un travail où les pauses sont chronométrées à la minute près, où il faut quasiment rendre des comptes chaque fois que tu vas faire pipi ? A moins d’aller trouver le cadre dès le matin et lui annocer « j’ai une cystite, hein, vous étonnez pas si je vais souvent aux toilettes ». Ne ris pas, cher Toi, c’est comme ça que ça se passe. Que dire d’un boulot où l’on fait continuellement le tampon entre des gens dans la merde et une « institution » où on ne peut rien changer ? Que dire d’un service public où plus rien n’est public, et que dire d’une institution sociale où plus rien n’est social ?
Il y a une autre raison à ma colère, plus égoïste celle-là. La plupart de mes collègues téléconseillers et moi-même sommes entrés  il y a un an et demi sur concours . Ceux qui ont terminé dans les premiers ont intégré l’institution dans les premiers, logique. Lors de l’oral, on m’a dit : « le téléphone est un passage obligé, tous les nouveaux embauchés passent par le téléphone, vous y resterez un an environ, puis vous serez mutée ». Confiante, j’ai signé le contrat… Que n’avais-je fait ! Entre temps, le directeur a changé. Il reste une dizaine de personnes à embaucher (ceux qui ont fini derniers au concours).  Ils intègrent ce mois-ci. Et, devine où ils vont ? Non, non, pas au téléphone. Ils vont directement dans les services que nous espérions intégrer. Et nous ? Ben on moisit. Ca valait la peine de finir dans les premiers, hein ? Cette injustice est inacceptable. Le nouveau directeur n’est rien d’autre qu’un connard tout-puissant, un « communiquant » qui prône l’équité et qui ose mettre à nos places les derniers du concours sous de sombres prétextes de  DRH. Ils veulent nous faire signer un contrat de professionnalisation, en clair, ils veulent qu’on crève au téléphone ! Le hic, c’est que d’une part le projet de  professionnalisation  est en « gestation » ; et d’autre part, quid de tous ceux qui comme moi, ne veulent pas devenir un super agent « front office », qui passerait la moitié du temps à se faire insulter au téléphone, et l’autre moitié à se faire insulter à l’accueil physique ?
Aujourd’hui, c’est mon quatrième et dernier jour de repos. Le trac commence à monter, la saleté ne m’a presque pas lâchée durant ce long week-end.

Malgré tout ça, je me sens mieux. Profondément mieux. Presque en paix. Je crois que je commence à guérir. Je crois que je suis guérie même. Finie la dépression, et finies les interminables crises d’angoisse qui me serrent le ventre . Ce ne sont désormais que des chatouilles au fond du bide. Terminé le masque chimique ! Je n’en ai plus besoin.
Bon, je suis un peu  perdue quand même. C’est vrai, quoi, c’était vachement pratique, la dépression, pour me faire plaindre. J’aimais bien faire mon poète maudit, ma diva incomprise, j’aimais bien être « hors norme » ! Curieusement, j’ai la trouille de redevenir d’une affligeante banalité…
Comment vais-je faire désormais, pour attirer les regards sur ma petite personne ? En perdant ma dépression, je perds certes cette tristesse constante, ces angoisses horribles qui me faisaient cauchemarder quand toutefois elles me laissaient dans leur grand mansuétude quelques heures pour dormir.  Mais je perds aussi ces moments maniaques, tous ces instants où je me sentais la reine du monde, la plus drôle, la plus spirituelle, et même parfois, rudement sexy avec mes rondeurs ! (bon, ça, c’est arrivé une fois… !).
Ma dépression et moi, on a décidé de rompre. Je ne sais pas si cette rupture est définitive. Mais comme dans une vraie rupture, je sais que son absence va m’être pénible, au début. Ne plus la sentir auprès de moi le soir, ma fidèle maladie de l’âme, ne plus rien  lui devoir, ne plus compter sur elle pour excuser mes faux-pas et mon détachement, tout ça va m’être difficile.
Après tout, elle et moi, on a vécu ensemble durant un an. Une  sacrée tranche de vie, en somme. Elle va me manquer. Elle était malgré tout ma plus belle excuse pour ne pas affronter la vie.

January 01

d'une invraisemblable liste (encore), et des emballages de chez Picard

Hey Toi,

Résolution numéro 1 : Arrêter d’arrêter de fumer (bon, celle-là m’arrange, tu l’auras compris, mais après tout, je me dis qu’il vaut mieux commencer par une résolution facile, pour rendre le reste plus digeste).

Résolution numéro 2 : Arrêter d’empoisonner l’existence de mes proches avec de faux problèmes, en clair, arrêter de me prendre pour le nombril esseulé et malheureux de ce monde sans pitié.

Résolution numéro 3 : Redonner mon sang, voire m’inscrire sur les listes de donneurs de moëlle osseuse : http://www.france-adot.org/don-organe/don-moelle-osseuse.html

Résolution numéro 4 : Arrêter de me plaindre de mon travail : essayer d’en changer au lieu de pleurer.

Résolution numéro 5 : Perdre 10 kilos, au lieu de pleurer ma race dans les rayons grandes tailles, et de mettre trois plombes à enfiler un jean qui, sisisi-je-t’assure, m’allait encore il y a quinze jours.

Résolution numéro 6 : Etre moins pénible avec mon homme (à condition que sa résolution numéro 1 à lui soit de mieux s’occuper de moi !)

Résolution numéro 7 : M’ouvrir davantage aux goûts musicaux des autres. Arrêter de lever les yeux au ciel voire de me boucher les oreilles quand la musique ne me plaît pas.

Résolution numéro 8 : M’intéresser à une autre presse écrite que la presse- poubelle (Oui, je lis Voici, et même que j’adore ça, savoir si Britney et Paris se sont encore mises minables dans cette boîte branchée de LA. Oui, je pleure aussi devant la séparation de Benji et Flavie. Enfin, non, mais je pourrais, si je voulais, hein, parce que j’étais  quand même au courant de leur séparation presque avant qu’elle n’arrive, et ça, monsieur, ça frise la voyance).

Résolution numéro 9 : Arrêter de manger mes ongles ,  l’intérieur de mes joues, et l’intégralité du pot de Nutella quand ça ne va pas . Non, manger l’intégralité du pot de Nutella seulement quand tout va bien. (comment ça, un paradoxe avec la résolution numéro 5 ?? je ne vois pas du tout ce que tu veux dire).

Résolution numéro 10, enfin, ma préférée, celle qui revient tous les ans : Rester digne, toujours, digne en toutes circonstances ! Même ivre morte, même en pleine crise de spasmo, même en me vautrant dans les escaliers, même avec du persil entre les dents… Digne.

Résolutions de mon homme (qu’il me reste à lui soumettre, et à lui faire accepter, mais c’est un détail…)
1 : mieux s’occuper de moi (quoi ? c’est normal, je me tape déjà le boulot de rédaction des résolutions… !)
2 : faire la bouffe des fois, disons, deux soirs par semaine, déjà, ce serait sympa.
3 : travailler moins pour que nous puissions nous offrir quelques week-ends ou journées dépaysantes.
4 : fumer moins
5 : maigrir aussi, non parce qu’il ne me plaît pas ainsi, mais parce que je tiens à le garder en vie au-delà de 40 balais, et que les maladies cardio-vasculaires, non, ça n’arrive pas qu’aux autres.


Sinon, rien bien croustillant : l’an neuf démarre en solo, C étant de garde aujourd’hui. Je suis quand même passée avec un panier rempli de bonnes choses à manger, dont mon fameux filet-de-chapon-aux-morilles-et-aux-girolles-sauce-foie-gras, que j’ai mis au moins 7 minutes à décongeler au micro-ondes, présenté dans sa magnifique assiette en carton. Le plus dur, avec les trucs de chez Picard, c’est de les sortir du sachet sans en mettre partout, une fois que c’est chaud. Cela dit, C était ravi, et le chapon vraiment excellent.

Le 20 janvier, nous partons à Bordeaux, pour rendre visite à ma copine K, son chéri, et MA filleule, Louann, 4 mois. Je piaffe déjà, même si c’est seulement dans trois interminables semaines… Semaines pendant lesquelles on va devoir inlassablement répéter la même rengaine de meilleurs vœux, à des gens auxquels on ne souhaite pas forcément tout le bonheur du monde, pas parce que qu’on ne les aime pas, mais simplement parce qu’on n’en a pas grand chose à foutre, tout en prenant l’air sincère. Après tant d’hypocrisie donnée et reçue, rien de tel qu’un petit voyage là où on est vraiment content d’aller.

C’est pourquoi, cher Toi, tu ne m’en voudras pas d’oublier les formules habituelles de début d’année, avec Toi, je ne me sens obligée de rien, et c’est aussi pour cela que tu comptes autant.




December 19

d'un derrière assez large pour tenir sur deux chaises

Hey Toi,

Attention, si tu es déjà limite côté moral, garde-toi bien de me lire!

Noël approche, avec ses arbres morts décorés tels des bourgeois nantis, et son lot de cadeaux à courir acheter, au dernier moment évidemment. Des cadeaux que les  gens qu’on aime s’évertueront à trouver jolis, ou utiles, ou « originaux ». Parce qu’ils nous aiment. Parce que des cadeaux dégottés à la va-vite sont toujours des cadeaux faits « faute de mieux ». Le papa Noël avec dans sa hotte trois tonnes de culpabilité, vient nous rappeler tous les ans qu’on aurait pu mieux : mieux faire, mieux donner, mieux aimer. L'ordure!! (note bien la référence au film drôle malgré le côté sombre du message, décidemment, parfois je m'aime quand même).
Bref, Noël,quand on n’a pas de gosse qui piaffe d’impatience, c'est quand même un sale moment à passer.

Au boulot, c’est le calme avant la tempête. Nombre d’insultes téléphoniques reçues aujourd’hui : 1 (c’est en baisse). Et puis c’était une facile, « incapable », ça va, je sais gérer. D'ailleurs ça fait longtemps que je n'ai pas eu droit à "espèce de conne", c'est bizarre, serait-ce l'esprit de Noël (encore lui) qui s'en vient rappeler aux âmes que le téléconseiller est un être humain?

Je ne sais pas vers quelle vie je dois tendre : rester, opter pour la sécurité de l’emploi, m’encroûter, écouter la Raymonde Bidochon qui sommeille en moi.
Ou partir, opter pour la sauvegarde de ce qui me reste de folie, écouter le côté rock n roll qui sommeille en moi.

J’ai envie de fuir cette vie étriquée, ce boulot qui m’emmerde, ces gens qui m’insultent, cette institution qui ne tient pas ses promesses et qui a perdu tous les principes d’entraide et de solidarité qui participaient de son fondement-même.
J’ai envie de nuits enfumées, de bruit de verres qui s’entrechoquent, de musique, de poivrots inconsolables  refaisant le monde.
J’ai envie d’être mon propre patron, de prendre le risque de me casser la gueule, j’ai envie de donner à boire et à manger.

Mais j’ai aussi envie de soirées dvd au coin du feu, de thé vert, de mettre des photos dans des cadres avec des gens souriant dessus, de pouvoir payer le loyer (et même parfois, je l'avoue, j'ai des envies de crédits immobiliers, sisi, je sais, c'est mal).

Si je perds le confortable, je me sentirais perdue, et si je perds la folie, je me perds en route. Alors ?

Je suis consciente du faite de n’être ni facile à lire, ni agréable à vivre ces temps-ci.
Ce bon vieux Mr B a autre chose à faire que d’écouter mes plaintes, et ce n’est pas moi qui le blâmerai pour cela.
C. quant à lui est bien trop préoccupé par ses propres angoisses.
Il n’y a guère que la serpillère poilue qui m’écoute sans broncher, mais ça, c’est parce qu’elle ne sait pas encore qu’elle va avoir droit au toilettage du siècle vendredi soir… Pauvre serpillère, elle est pourtant jolie avec ses dread locks.

J’ai besoin d’un monumental coup de pied au derrière, en fait.
Hey Toi, allez, on est devenu intimes désormais, sacrifie-toi ! Et puis, entre nous, vu sa taille, tu ne risques pas de le louper…